Website counter

LA CASSURE

Le décès de Nicole m’a été fatal. Durant sa maladie, se sachant condamnée, elle me confiait l’avenir des enfants. Les filles lui portaient soucis car elles étaient très jeunes. Cela se passait à Rieumes alors qu’elle subissait les effets néfastes de la chimiothérapie ; je dis néfastes car elle ne l’a point supportée étant de plus en plus malade. Le moment de l’opération est arrivé. Les dégâts constatés ont été tels que le chirurgien ne me donna pas d’espoir. Un mois après Nicole décédait. Elle avait 44ans.

Ses confidences ou plutôt ses recommandations allaient dans le sens de l’éducation des enfants. Elle voulait , en quelques sortes, qu’elles soient bien avec moi, et surtout qu’elle ne manquent de rien. Il faut dire que j’étais au chômage depuis qu’un milliardaire avec l’état ferment l’usine où je travaillais à Colomiers, après 25 ans de bons services…Lâché dans la nature je suis donc parti en intérim’ dans toute la France.

L’accident de Philippe n’a pas arrangé, comme l’on dit, les choses. Deux ans plus tôt notre fils a failli mourir d’un accident de rugby alors qu’il jouait ailier gauche dans l’équipe de Rieumes contre Castelsarazin. Voyant son fils handicapé, puisque tétraplégique, elle n’a pas supporté cette situation, alors que dans la graineterie de Saint Lys où elle travaillait la patronne a attendu que notre fils sorte des soins intensifs pour licencier Nicole, sans motifs valables. Nicole n’a même pas eu le courage de prévenir les Prud’hommes tellement écœurée de ces gens mal honnêtes. Je l’ai soutenue tant que je pouvais. Puis Philippe a repris des forces, et un jour, ô surprise, il entre de son établissement de rééducation de Verdècht. Une fois l’ambulancier sorti de la maison, se lève de son fauteuil roulant, le jette au loin en disant : "c’est fini , je ne veux plus voir cet engin là". A notre grande stupéfaction, mais surtout à mon étonnement, je lui proposai de se rasseoir sur ce fauteuil car je n’avais point envie de revivre ce passé où nous ne vivions plus que dans l’attente que quelque chose se passe, mais ce quelque chose vient de se produire, devant nos yeux, et ni Nicole ni moi ne nous attendions à cet événement. Nous avons appelé les filles et tous ensemble nous sommes allé à table, très souriants , fiers de notre fils, mais sachant au fond de nous, qu’il fallait dicter la prudence à Philippe; nous avons commencé a reprendre confiance.

Nicole est resté un an et demi sans travail, la maladie la guettant, l’attrapant même, ayant le dessus…

Elle me confiait aussi, vu le jeune âge de nos filles, qu’il fallait que je prenne quelqu’un, que je pouvais refaire ma vie. Elle ne m’en tiendrait pas compte.

Je suis resté disons seul pendant trois ans, donnant à mes filles une éducation comme il faut. Elles avaient des copains et copines qu’elles voyaient quant elles voulaient, mais voulant toujours savoir où elle étaient, et avec qui. Le confort de la villa était sans précédent.

Ma mère ne pouvant plus se déplacer à Fontenilles, car très âgée, vivant à Coursan chez ma sœur. Cette dernière ne pouvant plus nous recevoir, car son homme s’est fâché contre moi alors qu’il était encore saoul et que je n’ai point su dépanner la voiture de sa nièce … Il faut le faire,.... mais c’est ainsi. C’est ma nièce Denise qui nous accueillit et nous passions tous une journée agréable.

Denise, infirmière à la clinique du Château à Narbonne, aménageait avec son mari Alain, leur maison. Lui est conducteur de bus à Narbonne et travaille le dimanche matin. Durant la préparation du repas de midi, que nous prenions en famille, elle me posait des questions du genre : "J’aimerais avoir des enfants à garder pour avoir un meilleur revenu", "Combien d’allocations tu touches dans ta situation", "J’ai le chauffage à faire", "Moi aussi, un jour je serai "jetée" de chez Bernadette (ma sœur), car avec ce que je vais faire…", "J’ai une copine avec qui j’ai fait l’école d’infirmière, exerçant à Carcassonne comme assistante sociale, qui va m’aider". Et moi, pauvre couillon que je suis, je n’aie point percuté sur ce qu’elle voulait dire. Peut-être ne voulant pas savoir ce qui la travaillait, uniquement par courtoisie, politesse, ou tout simplement naïveté de ma part.

C’est en revenant de vacances de Bretagne / Normandie avec ma copine Muriel que j’ai commencé à comprendre, car il a fallu que je monte sur mes chevaux de bois. Au moment de récupérer les filles, à Coursan chez Denise, elles ne voulaient point venir. C’est à force d’insister qu’elles ont lâché. Je pensais à l’époque, à une crise de vacances, mais après réflexions, j’ai pensé le contraire, en mémorisant cette scène. Je me suis rappelé que la scène s’est calmée lorsque Bernadette et Denise ont dit aux filles : "Ce n’est que partie remise. A la prochaine fois". J’ai donc interdit Coursan à mes enfants. Mais je ne pouvais pas les empêcher de voir leur grand’mère. C’est pendant cette période que j’ai acquis le camping-car afin de lui rendre visite. Nous nous rendions à Coursan tous les quinze jours, et une semaine sur deux, dans les Pyrénées avec Muriel.

C’est neuf mois après cet esclandre, pendant les vacances de Pâques 1996 que le téléphone sonna. Denise me demande les filles pour garder sa fille Anne en bas âge. Nous discutons un cours moment, et j’accepte que mes filles aillent à Coursan garder Anne. Elles le faisaient déjà en d’autres circonstances.

C’est trois jours avant d’aller les rechercher que je préviens ma sœur. Pour toute réponse elle me dit prévenir aussitôt Denise. Le lendemain midi alors que j’étais à table, le téléphone sonna. Denise, d’un ton excité, me prévient que je ne peux pas venir chercher mes filles, car elles sont allé voir le procureur de la République afin de rester chez elle à Coursan. J’ai de suite compris dans le piège que ma famille m’avait tendu, et moi pauvre couillon pour la deuxième fois, faire confiance en elle, m’a terriblement déçu. Après avoir pris contact avec les gendarmes de Saint Lys, qui n’étaient point au courant de cette affaire, me conseillent, sachant que la porte qu’il me fallait prendre était très étroite....En attendant l'ordonnance du tribunal.....

Ne pouvant me déplacer à Coursan, car interdit pour moi d’après Denise, je fis dont une lettre type à toute ma famille : tantes, oncles, cousins, cousines, frères et sœurs, mère, leur expliquant dans quel piège j’étais tombé, ne sachant point de quoi l’on m’accusait. Je prends contact avec mon frère aîné Jean, qui me reçoit, et me précise que mes filles ont veulent rester chez Denise, que l’on ne me reproche rien, sinon une sévérité qui n’est en fait qu’une crise d’adolescence de mes filles voulant leur liberté avant l’âge, comme l’on dit chez nous. Je repart soulagé de chez lui, et me promet de me tenir au courant du déroulement de la situation.( à suivre)

A ce stade, je me mis à réfléchir à ce qui aurait pu pousser mes deux filles à me quitter. Je me remis en cause. Tout me passa dans l’esprit, mais je revenais toujours à ce qui s’était passé et dit à Coursan. J’en conclu vite la gravité de cette situation et la perte de mes enfants: Denise profitait de l’année mondiale de l’enfance pour récupérer les miens, profiter des primes pour finir sa maison, car les crédits faits pour cela ont servi à acheter des vignes, et finir les travaux au noir avec un ami du beau-frère! Peut-être une vengeance, mais laquelle ?

Après avoir écrit à toute la famille, seules deux personnes m’ont répondu, et m’ont, et me soutiennent encore. Toutes les autres ont dû téléphoner à Coursan, chez "la Reine", pour savoir ce qui se passait, alors que s’est moi qui les aie prévenu. Et dire que j’étais le seul de cette famille a avoir des contact avec tout le monde, et le résultat de cette amitié familiale est bien maigre pour moi. J’en suis très déçu. Je décidais alors de rompre avec ceux qui encore aujourd’hui, avec la complicité de Denise, par leur silence envers moi, ont participé de près ou de loin au vol de mes enfants, par cette dernière.

Mais savez vous ce que cette dernière a fait avec mes enfants ? Un an après j’ai appris qu’elle les avait jeté à la rue, mal proprement, et qu’ils s’étaient réfugiés chez ma sœur !!!

Généalogie    Précédent     Suite